Urbanisme et Aménagement

21 juillet 2013

Une nouvelle place pour le Familistère de Guise – Le moniteur.fr

Publié par Eric RAIMONDEAU dans Architecture

La nouvelle place du Familistère de Godin. Vue sur l'entrée du théatre et de l'école situés en face du Palais social.Inaugurée le 13 juillet 2013, la nouvelle place du Familistère à Guise (Aisne) prolonge l’histoire de cette utopie réalisée en recréant un territoire commun au pied du Palais social. Conçu par l’agence h2o architectes et le paysagiste Michel Desvigne, l’aménagement minimaliste à la composition rigoureuse s’associe parfaitement au patrimoine extraordinaire qui l’encadre.

Conçu comme le champ ouvert à l’expérimentation de la coopération intégrale par l’industriel Jean-Baptiste André Godin en 1858, le Familistère de Guise fait l’objet depuis 2000 d’un vaste programme de valorisation nommé Utopia. Poursuivant les démarches engagées dans ce cadre, le cahier des charges pour le réaménagement de la place du Palais Social était simple: il fallait restaurer l’unité de l’espace public et y recréer un espace partagé. « Un des objectifs poursuivis par Utopia consiste à retrouver l’unité du Familistère. Le palais avait été démembré au cours du XXesiècle à mesure que se troublait le sens de cette extraordinaire fabrique sociale. Il fallait donc réintégrer ses pièces détachées dans un même corps physique, dans un paysage commun. Le programme du concours de 2010 pour la place faisait l’hypothèse d’un espace partagé, inspiré dushared space de l’urbanisme néerlandais, pour créer les conditions d’une communion pacifiée des usages: circulations, habitation, services publics, visites, loisirs, fêtes », explique Jean-Pierre Balligand, président du Syndicat mixte du Familistère Godin, la maîtrise d’ouvrage de l’opération. Car la place n’avait pas échappé aux modifications que connut le bâti. Dès 1895, l’espace public fut morcelé et transformé en une sorte de petit square au milieu duquel trônait la statue de Godin.

Espace public centrifuge 

Retenu à l’unanimité, le projet des architectes de l’agence h2o et du paysagiste Michel Desvigne, s’attachant à retrouver face au Palais social un espace centrifuge de 12 000 m2, est apparu parfaitement adapté à la vision de l’urbanisme familistérien. « Nous avons à notre manière restitué l’idée originelle. Les documents anciens présentent la place sous cette forme dégagée comme un grand foirail. Nous avons fait émerger un projet au service des constructions existantes que nous avons liées entre elles », explique Jean-Jacques Hubert, architecte co-fondateur de l’agence h2o. De fait, dans sa forme historique, la place revêtait le rôle de vide unitaire, élément essentiel de l’architecture imaginée par Godin. De la même façon que les cours couvertes du Palais social étaient des lieux de circulations et de rassemblement, la place reliait physiquement et symboliquement les différents édifices du Familistère et les fonctions de la communauté. Du nord au sud, elle associait l’habitation à l’éducation (le théâtre et les écoles font face au pavillon central) et à ses services d’approvisionnement (les économats en face de l’aile gauche); d’est en ouest, elle reliait le Palais à ses ateliers domestiques (la buanderie-piscine) et industriels (la manufacture).

 Côté cour

 La nouvelle place a la force de la simplicité. Les différents bâtiments sont reliés et desservis de plain-pied par un tapis de 400 000 briques aux tonalités brune et anthracite, dont la surface conserve les aspérités de la terre. « Il fallait juste que la place accompagne la puissance de l’architecture en place, mais sans grandiloquence. […] La brique a son évidence dans un site industriel. Il y a une dimension monumentale qu’il ne faut pas oublier, mais nous sommes ici dans une utilisation domestique. Ce choix de matériau était donc indiscutable dès le début », explique Michel Desvigne. La stabilité de la chaussée est assurée par la pose à plat en chevrons de modules de 20 x 10 cm pour 8 ou 6,5 cm d’épaisseur. Seule présence végétale, des bosquets de frênes et de chênes tempèrent le climat minéral de l’ensemble devant l’aile droite du Palais social et le théâtre. Au centre du nouveau socle unitaire, le piédestal du monument à la gloire de Godin retrouve son rôle de banc public. Une possibilité d’assise complétée par du mobilier urbain conçu par h2o. Enfin, la place est traversée par une « zone de rencontre » carrossable où la priorité est donnée aux piétons et aux vélos. « L’idée majeure est celle d’un espace public intégralement commun. Le Familistère appartient à la ville. Sa place est restée ouverte à une circulation automobile apaisée », précise Jean-Pierre Balligand. D’autre part, plus de 210 places de parking ont été créées de part et d’autre du Palais et derrière le théâtre et l’école, afin de libérer la place de tout stationnement. « L’espace partagé, au-delà de l’aspect purement réglementaire, nous a également amenés à lisser l’ensemble des reliefs pour faciliter les déplacements pour tous », poursuit Jean-Jacques Hubert. Ainsi, pour la rampe d’accès au théâtre, c’est tout le sol qui se soulève, créant un linéaire d’emmarchement offrant encore d’autres possibilités d’assises.

 Côté jardin

 La mission de la maîtrise d’œuvre comprenait également le réaménagement paysagé de l’arrière du Palais social. Au nord, le bâtiment a donc désormais les pieds dans l’herbe: une continuité verte est créée entre le jardin de la presqu’île – aménagé en 2008 par les paysagistes de l’agence BASE – et les façades nord du Palais Social. L’empreinte bâtie de l’ancienne nourricerie-pouponnat – la crèche version Godin – , détruite par les bombardements de 1918, y est mise en scène grâce une végétation plus haute.

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